

ouées à louer» proclament de jeunes rabatteurs qui en
profitent pour vous glisser des «5% discount vouchers» (bons de réduction)
du Planet Online Internet Cafe… Nous sommes à la gare routière de Vang
Vieng où débarquent en bus ou en «pick-up» les visiteurs curieux
d’explorer un site naturel hors du commun. Le café Internet fait déjà
partie du décor local, au même titre que la «guest house» ou le magasin de
location de vélos. Comme la plupart des lieux touristiques au Laos, Vang
Vieng est un village labellisé Internet, une aubaine pour les routards qui
s'y ruent pour relever leur boîte e-mail. Mais guère de Laotiens ici,
l'Internet est un luxe pour occidentaux et ne concerne guère les habitants
de Vang Vieng, incapables pour la plupart de lire ou d'écrire l'alphabet
latin.
Ouverture touristique et électronique
Nichée dans un méandre de la rivière Nam Song, au pied des premiers
massifs de la chaîne Annamitique, cette bourgade offre une attraction très
prisée : la descente de la rivière sur de grosses chambres à air, souvent
décorées de messages colorés souhaitant la bienvenue au Laos. Méconnue des
touristes il y a encore trois ans, Vang Vieng s’est littéralement
métamorphosée au contact d’un flot croissant de routards de tous horizons,
attirés par la récente ouverture du pays.
Une chaîne de cybercafés lao
Ce petit village de quelques centaines d’âmes, paradis des
spéléologues, des chasseurs de papillons et des fumeurs d’opium, est
devenu le point de passage obligé des backpackers de tout poil entre
Vientiane, la capitale et Luang Prabang, l’ancienne cité royale classée
patrimoine de l’humanité par l’UNESCO en 1995. Au fur et à mesure que les
touristes déferlent sur Vang Vieng, des dizaines de «guest houses»
improvisés fleurissent le long de la rue principale. Au beau milieu de ce
village en pleine expansion, perdu entre des maisons de bois aux volets
bleus toutes identiques, se cache le discret Planet Online, dernier né de
l’unique chaîne de cybercafés du Laos.
Garder le contact
Ce cybercafé, le premier de la ville, a ouvert ses portes en septembre
1999. L’e-mail semblant devenir l’accessoire indispensable du voyageur
loin de son foyer, les internautes y défilent chaque jour, dès 8h 30 et
jusque tard dans la soirée. Si la connexion par le biais de la toile
mondiale permet au rejeton aventurier de rassurer des parents inquiets ou
de faire pâlir d’envie quelques collègues restés au bureau, il sert
également à entretenir des amitiés nouées au fil du voyage, et, qui sait,
de se retrouver lors d’une prochaine étape.
Thé et macintosh
Comme ses aînés de Vientiane et Luang Prabang, le Planet Online de Vang
Vieng offre thé et café à discrétion des consommateurs, invitant ces
derniers à s’installer confortablement devant le clavier de l’un des 5
ordinateurs disponibles (des PC, alors qu’à Vientiane, comble du luxe,
trônent une dizaine d’Imac multicolores). Les tarifs eux aussi engagent à
prendre son temps : 350 Kips la minute(30 centimes), et 300 Kips au delà
d’une heure de connexion, soit environ 15 FF de l’heure. Les prix ont
toutefois beaucoup baissé depuis l’apparition de concurrents : trois
cybercafés se partagent désormais le marché de Vang Vieng, composé presque
exclusivement de routards.
La concurrence s'organise
«Les affaires sont moins bonnes que lorsque nous étions seuls en ville,
mais étant donné le flux de touristes notre installation à Vang Vieng
reste un bon investissement» confie Souksavanh Vixathep, responsable du
marketing chez Planet Online. Le cybercafé n'a pas encore son site
Internet. Pas une priorité, dans la mesure où c'est la qualité de la
connexion qui prime, les services proposés par le Planet Online se
limitant au surf. Une nouvelle clientèle apparaît cependant, à Vientiane
surtout - le Laos reste un pays rural à 85% -, avec la libéralisation
progressive d’Internet dans le pays et son ouverture économique vers les
investissements étrangers. L’installation du premier fournisseur d’accès
au Laos ne remonte qu’à juillet 1998. Seuls les étrangers avaient alors
accès aux cybercafés et jusqu’à la fin 1999, les citoyens laotiens
devaient obtenir une autorisation spéciale du Ministère de la Culture pour
pouvoir se connecter. Ils commencent seulement depuis quelques mois à
apparaître dans les cybercafés de la capitale pour y surfer en liberté…
très surveillée.