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Expéditions Spéléologiques au Laos

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Planet Online, Vang Vieng, République Populaire du Laos
L'Internet là aussi
Les cybercafés se développent vite au Laos, à la faveur de l'ouverture touristique du pays. Mais ils restent l'apanage des seuls occidentaux.

Par SOPHIE CRUSE ET THOMAS PHILIPPE

Le vendredi 28 juillet 2000


Le site de l'ambassade de France au Laos est un des plus complets sur le pays. Une porte d'entrée sur le web vers cet ex-protectorat où l'on parle encore - un peu - le français.

Le Vientiane Times est le quotidien officiel du pays. Ironie du sort, le site Vientianetimes.com appartient à des opposants exilés au régime, qui ont sous-titré leur portail d'informations (en anglais) «la porte d'entrée vers la démocratie». Le site se contente de relayer des informations parus dans d'autres journaux sur le Laos et analyse de façon très critique la situation politique du pays, assez agitée depuis que deux attentats à la bombe ont été perpetrés à Vientiane. Il est naturellement fermé à l'accès depuis le Laos. Autre site d'opposition très bien informé, Lan-xang.com, qui fait état de la politique des droits de l'homme dans le pays.

L'an 2000 est «l'année du tourisme au Laos». Une opération de prestige décrété par le gouvernement avec l'aide d'organismes internationaux pour attirer les touristes au Laos. Et ça marche. Un site officiel, en anglais, a été créé pour l'occasion.

On trouve sur le Web quelques sites consacrés à une présentation générale du «Royaume du million d'éléphants» devenu une république socialiste en 1975: des récits de voyage, le guide en ligne de Lonely Planet (en anglais), une page personnelle intitulée «le Laos, un ilôt de sérénité». A lire également une page relatant l'histoire du Laos, «de la préhistoire à aujourd'hui».

Le site Laosoftware développe des solutions logicielles pour l'adaptation informatique de la langue laotienne. Il propose deux logiciels en téléchargement gratuit ,laoword et laopad.

Classée au patrimoine de l'humanité de l'UNESCO, la ville de Luang Prabang est la merveille du pays. Centre d'études bouddhistes, ses temples sont renommés dans toute l'Asie du sud-est.

Une page personnelle très documentée présente le Laos sous l'angle économique. Quelques informations sur Vientiane, la capitale.

Le site Laogate consacre une section à la musique lao, traditionnelle et moderne avec un vaste échantillon de groupes de pop locaux. Une boutique où acheter mais aussi télécharger gratuitement des extraits de musique lao.

 

ouées à louer» proclament de jeunes rabatteurs qui en profitent pour vous glisser des «5% discount vouchers» (bons de réduction) du Planet Online Internet Cafe… Nous sommes à la gare routière de Vang Vieng où débarquent en bus ou en «pick-up» les visiteurs curieux d’explorer un site naturel hors du commun. Le café Internet fait déjà partie du décor local, au même titre que la «guest house» ou le magasin de location de vélos. Comme la plupart des lieux touristiques au Laos, Vang Vieng est un village labellisé Internet, une aubaine pour les routards qui s'y ruent pour relever leur boîte e-mail. Mais guère de Laotiens ici, l'Internet est un luxe pour occidentaux et ne concerne guère les habitants de Vang Vieng, incapables pour la plupart de lire ou d'écrire l'alphabet latin.

Ouverture touristique et électronique

Nichée dans un méandre de la rivière Nam Song, au pied des premiers massifs de la chaîne Annamitique, cette bourgade offre une attraction très prisée : la descente de la rivière sur de grosses chambres à air, souvent décorées de messages colorés souhaitant la bienvenue au Laos. Méconnue des touristes il y a encore trois ans, Vang Vieng s’est littéralement métamorphosée au contact d’un flot croissant de routards de tous horizons, attirés par la récente ouverture du pays.

Une chaîne de cybercafés lao

Ce petit village de quelques centaines d’âmes, paradis des spéléologues, des chasseurs de papillons et des fumeurs d’opium, est devenu le point de passage obligé des backpackers de tout poil entre Vientiane, la capitale et Luang Prabang, l’ancienne cité royale classée patrimoine de l’humanité par l’UNESCO en 1995. Au fur et à mesure que les touristes déferlent sur Vang Vieng, des dizaines de «guest houses» improvisés fleurissent le long de la rue principale. Au beau milieu de ce village en pleine expansion, perdu entre des maisons de bois aux volets bleus toutes identiques, se cache le discret Planet Online, dernier né de l’unique chaîne de cybercafés du Laos.

Garder le contact

Ce cybercafé, le premier de la ville, a ouvert ses portes en septembre 1999. L’e-mail semblant devenir l’accessoire indispensable du voyageur loin de son foyer, les internautes y défilent chaque jour, dès 8h 30 et jusque tard dans la soirée. Si la connexion par le biais de la toile mondiale permet au rejeton aventurier de rassurer des parents inquiets ou de faire pâlir d’envie quelques collègues restés au bureau, il sert également à entretenir des amitiés nouées au fil du voyage, et, qui sait, de se retrouver lors d’une prochaine étape.

Thé et macintosh

Comme ses aînés de Vientiane et Luang Prabang, le Planet Online de Vang Vieng offre thé et café à discrétion des consommateurs, invitant ces derniers à s’installer confortablement devant le clavier de l’un des 5 ordinateurs disponibles (des PC, alors qu’à Vientiane, comble du luxe, trônent une dizaine d’Imac multicolores). Les tarifs eux aussi engagent à prendre son temps : 350 Kips la minute(30 centimes), et 300 Kips au delà d’une heure de connexion, soit environ 15 FF de l’heure. Les prix ont toutefois beaucoup baissé depuis l’apparition de concurrents : trois cybercafés se partagent désormais le marché de Vang Vieng, composé presque exclusivement de routards.

La concurrence s'organise

«Les affaires sont moins bonnes que lorsque nous étions seuls en ville, mais étant donné le flux de touristes notre installation à Vang Vieng reste un bon investissement» confie Souksavanh Vixathep, responsable du marketing chez Planet Online. Le cybercafé n'a pas encore son site Internet. Pas une priorité, dans la mesure où c'est la qualité de la connexion qui prime, les services proposés par le Planet Online se limitant au surf. Une nouvelle clientèle apparaît cependant, à Vientiane surtout - le Laos reste un pays rural à 85% -, avec la libéralisation progressive d’Internet dans le pays et son ouverture économique vers les investissements étrangers. L’installation du premier fournisseur d’accès au Laos ne remonte qu’à juillet 1998. Seuls les étrangers avaient alors accès aux cybercafés et jusqu’à la fin 1999, les citoyens laotiens devaient obtenir une autorisation spéciale du Ministère de la Culture pour pouvoir se connecter. Ils commencent seulement depuis quelques mois à apparaître dans les cybercafés de la capitale pour y surfer en liberté… très surveillée.


©Libération


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