La petite ville de "Muong Vang Viang" ou "Vang Vieng" est située approximativement 150 km au nord de la capitale du Laos (Vientiane) et peut être atteinte en véhicule par la route 13 en 4 heures par le réseau de "transports en commun" laotien.
Vang Vieng était jusqu'en 1998 une sorte de bout du monde dans la mesure où la route au Nord en direction de Luang Phrabang était non sécurisée (attaques répétées de véhicules causant une quinzaine de morts par an). La situation s'est améliorée depuis et le tourisme est en développement, y compris le tourisme spéléologique (outre une grotte aménagée les habitants proposent des visites guidées de certaines cavités).
Vang Vieng est avec la région du Khamouane au sud de Vientiane l'une des deux principales régions décrites comme comportant de nombreuses cavités karstiques, mais contrairement à cette dernière elle n'a été à ce jour que peu étudiée.
La zone a été vue en 1997 par Michel Hedouin à l'occasion d'un voyage et à la suite, quatre expéditions ont été organisées.
Vang Vieng propose de nombreuses petites "Guest House" et "restaurants" plus ou moins spartiates mais en général toujours propres qui peuvent permettre d'installer le "camp de base". La possibilité de dormir dans des villages nécessite toujours un accord préalable des autorités.
Cette situation peut parfaitement conduire une expédition à se passer de guide laotien. Toutefois il faut bien peser la question, le guide étant extrêmement utile comme interprète et intermédiaire avec les autorités (se rappeler en particulier que contrairement à nos habitudes le principe est là bas que tout ce qui n'est pas expressément autorisé est en principe interdit et nécessite donc une autorisation.).
A noter enfin que l'entrée dans les cavités peut être empêchée par deux phénomènes inconnus dans nos contrées : les trésors et les "Phiis". En ce qui concerne les trésors il s'agit de l'or que sont réputés avoir caché dans les cavités les Français lors de leur départ en 1954, votre qualité de français vous désigne immédiatement comme récupérateur potentiel et peut occasionner des problèmes pour pénétrer dans certaines cavités (les Français sont les seuls concernés car pour ce qui est des américains leur fortune était en dollars qu'ils n'ont eus aucun mal à emmener et pour ce qui est des russes ils n'avaient rien à emmener).
Quant aux "Phiis" il s'agit de génies auxquels tous les Laotiens croient fermement et un accident survenant dans une grotte est en général interprété comme un signe de mécontentement du "Phii" des lieux, de ce fait l'entrée de la cavité est interdite par les villageois le temps que le désordre s'apaise.
Géologie :
La zone de Vang Vieng se situe à 110 km à vol d'oiseau au Nord de Vientiane, dans les premiers contreforts du grand massif montagneux qui occupe tout le Nord du Laos. La ville est construite sur les bords de la Nam Song ou Xong, sous-affluent du Mékong, à 230 m d'altitude. Cette rivière détermine le niveau de base local. Les massifs karstiques s'étendent au nord et à l'Ouest de la ville en rive droite de la Nam Song.
Les calcaires sont d'époque primaire, permiens selon la carte géologique du Cdt Dussault (1919), de teinte sombre, légèrement métamorphisés, au pendage accentué et intensément fracturés comme en témoignent les nombreux éboulis à la base des falaises. Dans ses plus grandes dimensions ce massif mesure 30 km du nord au sud et 15 km d'est en ouest. Les plus hauts sommets calcaires atteignent 1600 m au nord et 1480 m au sud, soit au maximum 1350 m au-dessus du niveau de base. Sur une grande partie de ce massif, le calcaire est arasé à hauteur de la Nam Song et de ses affluents Nam Ka & Nam Koang et couvert de formations superficielles, alluvions et résidus de corrosion, formant une vaste plaine habitée et occupée par les rizières.
L'examen de la carte topographique montre que la plupart des reliefs calcaires de la région sont ainsi entourés de zones parfaitement plates dont l'origine doit être la même. Par endroits, l'érosion met à jour des pinacles de calcaire formés par crypto corrosion. Ce calcaire arasé s'étend jusqu'en rive gauche de la Nam Song, dans le lit de laquelle apparaît la roche vive. Les reliefs subsistants sont surtout localisés sur les bords du massif, adossés aux formations inkarstifiables. Dans la plaine s'élèvent de nombreux pitons, reliefs résiduels. Le plus grand d'entre eux, celui du Pha Boua, couvre 5 km². Sous cette plaine doit se développer un important karst noyé dont les points d'émergence se situent là où les reliefs calcaires s'élèvent au-dessus de la couverture. Ainsi le massif de Pha Boua comprend une importante résurgence (Nam Yen) dont le débit estimé à 200 litres par seconde ne peut pas être alimenté uniquement par ce petit piton, surtout en fin de saison sèche. De même un important cours d'eau souterrain résurge au pied du piton de Pha Thang, directement dans le lit de la Nam Song, 2 km en avant du front des falaises.
Un trait notable de ce karst est que le calcaire doit descendre très bas en dessous du niveau de base en raison de la structure géologique (fort pendage à 60-70° plongeant sous des formations non calcaires). Les reliefs calcaires se présentent sous forme de pitons, tourelles, aux parois abruptes, couverts de pinacles acérés, formes typiques des karsts tropicaux. La région connaît un climat tropical, à deux saisons bien marquées, sèche d'octobre à avril et saison humide avec pluies quotidiennes le reste de l'année. Les précipitations sont de l'ordre de 2500 mm par an.
Les karsts sont couverts d'une épaisse végétation primaire, ils sont les seuls secteurs à échapper à la déforestation, aux brûlis qui dévastent la région, et sont des réserves de chasse pour les habitants.
Voir la carte des karsts de Vang Vieng